Dans les bureaux, l’énergie est de plus en plus positive

Les bâtiments d’aujourd’hui voient loin. Parce qu’ils sont destinés à exister longtemps et que leur empreinte énergétique se réfléchit dès leur conception. Parce que demain se prépare dès aujourd’hui. À Nantes, les immeubles ne se contentent plus d’économiser de l’énergie : ils en produisent.
 

Nantes, ville verte ?

Nantes a été élue capitale verte européenne en 2013. La politique de la ville en ce qui concerne l’environnement n’est plus un secret depuis longtemps. Ses racines sont antérieures à 2013… et les élus de Nantes continuent de les cultiver avec soin. La création d’espaces verts est bien sûr l’une des actions les plus remarquées (la ville a ouvert son centième parc en juin dernier). Ce sont pourtant les premiers bureaux à énergie positive de la région qui pourraient faire parler de la cité ligérienne pour l’année à venir !

Le bâtiment Delta Green construit par le promoteur immobilier Galeo, ouvre ses portes en février 2017 à Saint-Herblain, au nord-ouest de la ville (un endroit où une forêt urbaine est d’ailleurs en cours de création !).
 

Les caractéristiques des bureaux à énergie positive

Ces dernières années, il est devenu impensable de faire construire un bâtiment sans intégrer des notions de développement durable. La réflexion se porte souvent sur l’isolation, les systèmes de chauffage, voire les manières d’économiser de l’énergie à l’aide de chauffe-eau solaires… Différentes techniques permettent de devenir presque indépendant quant à sa consommation d’électricité.

L’énergie positive va plus loin encore. L’idée est que le bâtiment produise plus d’énergie qu’il n’en consomme. Pour le Delta Green, par exemple, l’énergie produite  non consommée est revendue… et le bénéfice de cette vente est soustrait des charges des locataires.

Ce concept, déjà bien implanté en Allemagne et en Europe du Nord, reste sous-exploité pour les bâtiments tertiaires. Il a donc vocation à être développé dans les années à venir.

Il faut cependant noter que le plus ancien bâtiment du genre en France n’est pas si éloigné de Nantes : il a été érigé en 2007 en Mayenne ! Néanmoins, comme tout premier projet, il souffre à l’usage de quelques défauts, concernant notamment la température intérieure en hiver. Le nouveau projet de Saint-Herblain, riche de ces enseignements, devrait être plus performant et réussi ! C’est du moins ce qu’espèrent les élus de Nantes Métropole : ils vont étudier ses résultats de près… dans le but, de faire réaliser d’autres bâtiments bénéficiant de l’expérience de ce modèle.
 

L’énergie positive innove sans cesse

Le projet de ces bureaux s’appuie sur les techniques éprouvées des bâtiments à énergie positive : les matériaux ont été étudiés avec soin, les toits sont couverts de panneaux photovoltaïques producteurs d’électricité, des pompes à chaleur géothermiques associées à des dalles actives régulent la température, le Delta Green, grâce à sa forme en Y et à son agencement intérieur seulement limité par cinq poteaux, reste exposé au soleil toute la journée…

Là où cet ensemble de bureaux se distingue de ceux déjà existants, c’est dans la station hydrogène qui stocke l’énergie produite… et qui peut la redistribuer aux locataires en cas de besoin ! C’est la toute première fois qu’un tel système est installé sur un bâtiment tertiaire. Cette innovation lui permet bien sûr d’obtenir le label Bepos (bâtiment à énergie positive), mais surtout la certification allemande Passivhaus. Ce certificat, ne récompense que les bâtiments dont les besoins en chauffage sont inférieurs à 15kWh/m²/an (soit un niveau nettement inférieur aux 50 kWh/m2/an des normes actuels -RT2012-).
 
Si ce projet confirme ses promesses, d’autres du même genre devraient voir le jour à Nantes et aux alentours. Il ne s’agit plus d’une utopie environnementale, mais bien d’une nouvelle manière de concevoir un immeuble. Et d’une nouvelle manière de l’habiter aussi : on ne s’installe pas dans un bâtiment à énergie positive uniquement pour faire des économies !

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